TAMAZIGHT LANGUE BERBERE
TAMAZIGHT – LANGUE BERBERE :
Présentation générale
| Tamazight (nom berbère de la langue berbère), est répartie sur une aire géographique immense : toute l’Afrique du Nord, le Sahara et une partie du Sahel ouest africain ; mais on la rencontre principalement au Maroc, en Algérie, au Niger et au Mali (dans ces deux pays, il s’agit de la variété touarègue). La langue berbère couvrait à l'origine l'ensemble de l’Afrique du Nord et du Sahara : les berbérophones actuels sont minoritaires parce que le Maghreb connaît depuis le Moyen Age un lent processus d'arabisation linguistique, consécutif à l'islamisation (VIIIe siècle) et à l'arrivée de populations arabes nomades venues du Moyen-Orient (XIe siècle). Mais le fond de la population de l'Afrique du Nord est d'origine berbère : l'immense majorité des arabophones actuels ne sont que des "Berbères arabisés" depuis des dates plus ou moins reculées. Le berbère s’est donc maintenu dans des zones refuges, surtout rurales et montagneuses. Il est, de plus, diversifié en de nombreuses variétés dialectales. On notera que les spécialistes du berbère, comme tous les linguistes, utilisent ce terme de « dialecte » sans aucune connotation péjorative : il désigne simplement une variété régionale de la langue. Bien que le berbère soit une langue essentiellement de tradition orale, les Berbères possèdent, depuis au moins deux millénaires et demi, leur propre système d'écriture appelé "libyco-berbère" (et tifinagh en berbère). Il s'agit d'un système alphabétique aux usages traditionnellement assez restreints. Actuellement, cet alphabet est toujours utilisé par les Touaregs et il connaît, sous des formes adaptées, une certaine extension dans les milieux kabyles et marocains ; il a récemment été retenu comme écriture usuelle par l’Institut Royal pour la Culture Amazigh (IRCAM) au Maroc. Mais depuis le début du XXe siècle, l'écrit berbère utilise surtout le support de l'alphabet latin (avec diverses adaptations) ou celui de l'alphabet arabe (en particulier au Maroc). Le berbère a été en contact avec de nombreuses langues extérieures depuis la plus haute Antiquité : le punique d'abord, avec Carthage (fondée en 814 avant J.-C.) et les autres implantations phéniciennes ; le latin pendant toute la durée de la domination romaine et de la période chrétienne (- 146 à + 700 environ) ; l'arabe, depuis la conquête de l'Afrique du Nord et l'islamisation des Berbères (début du VIIIe siècle) par les Arabes. Le français et l’espagnol, enfin, à travers la colonisation. Mais c'est surtout l'influence de la langue arabe, à l'oeuvre depuis 13 siècles, qui est, dans presque tous les dialectes, très sensible, notamment au niveau du lexique. Le nombre de berbérophones est difficile à évaluer en l'absence de recensements linguistiques fiables et de la situation sociolinguistique et idéologique générale très défavorable à la langue berbère. On peut cependant estimer les berbérophones à : Il convient également de mentionner l’importante population berbérophone résidant à l’extérieur des régions traditionnellement berbérophones, principalement dans les grandes villes d’Algérie et du Maroc (Alger et Casablanca surtout), mais aussi en Europe, notamment en France. On peut désormais considérer qu’une bonne moitié des berbérophones vivent en dehors des zones berbérophones. Le berbère est longtemps resté sans aucune reconnaissance institutionnelle en Algérie et au Maroc ; jusqu’à une date très récente, il était totalement absent du système éducatif de ces pays. Mais le statut du berbère connaît des améliorations sensibles depuis quelques années et des expériences, encore marginales, d’enseignement de tamazight sont engagées dans les deux pays : depuis 1995 en Algérie et 2003 au Maroc. En France, le berbère fait partie depuis 1999 des langues considérées comme « langues de France » et, à ce titre, il est soutenu par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF), organisme dépendant du Ministère de la Culture. Et le Ministère de l’Education nationale a fixé en 2006, dans le cadre d’un accord avec l’INALCO, les conditions d’ouverture de classes de préparation à l’épreuve de berbère du Baccalauréat dans les lycées. Il existe un enseignement universitaire complet du berbère à l'INALCO (Paris) depuis 1913. Il associe initiation pratique à différents dialectes (touareg, chleuh, kabyle) et formation théorique en linguistique, littérature et civilisation. Il est possible d’y préparer tous les diplômes nationaux en berbère (Licence, Maîtrise, DEA et Doctorat).
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