Victor Hugo demande Grâce pour les combattants des Aurès 27 juin 1880

Publié le par uyidir

Grâce pour les combattants des Aurès 27 juin 1880

En mai 1879, une insurrection  commence dans les Aurès, elle
est durement réprimée, sans que nul ne songe à contester cette
répression. On ne sait à qui s'adresse cette demande en grâce – peut-
être à Albert Grévy, gouverneur général de l'Algérie récemment élu
sénateur inamovible en remplacement de Crémieux, et qui faisait
partie de la gauche sénatoriale.



Paris, 27 juin 1880

Mon honorable et cher collègue,

Le Conseil de guerre de Constantine vient de condamner à mort
treize prisonniers de la dernière révolte dans les montagnes de
l'Aurès. Ces hommes étaient hier des combattants, ce sont aujourd'hui
des vaincus. Il me paraît impossible que l'arrêt de mort soit
exécuté. Vous saurez, je n'en doute pas, concilier la quantité de
châtiment que mérite et exige l'insurrection, avec la nécessité de
respecter la vie humaine et de limiter la peine de mort, en attendant
qu'on la supprime.

Je n'en dis pas davantage à un homme tel que vous, et je vous
envoie mon cordial serrement de main, et l'assurance de ma haute
considération.

                      VICTOR HUGO.

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