Hommage à hachemi cherif

Publié le par M D S

Hommage à El Hachemi Cherif

       
Condoleances    

Très affligé par la disparition du grand militant démocrate El Hachemi Cherif, veuillez transmettre à son épouse, à sa famille, aux proches ami(e)s, aux militant(e)s du M.D.S mes sincères condoléances et les assure en cette pénible circonstance de ma profonde sympathie.

Hommage  

 

C’était un homme courageux, qui est resté debout comme un roc enraciné dans la terre jusqu’à son dernier souffle ; égal à lui-même, il n’a jamais cherché les faveurs quelles que  soient du système…/…

 

Il était très attaché à son combat inébranlable pour la modernité de son pays ; sa vision juste était en parfaite symbiose avec l’évolution   de son temps.

 

Sa présence dans le paysage politique  et  médiatique en particulier dans la presse indépendante, son analyse objective, judicieuse sur l’évaluation politique ou autres débats sur l’état des lieux de la nation algérienne de son système et de ses acteurs politiques…redonne avec El Hachemi Cherif une autre dimension dialectique ou il n’y a  point de place pour la rhétorique habituelle, ni pour le discours creux, démagogique et clientéliste  de surcroît de toute une faune d’opportunistes qui gravitent autour du pouvoir….

 

Il y’avait chez feu  El Hachemi Cherif l’ascendant d’un véritable politicien opposant qui savait observer la scène politique algérienne avec tout le marasme et les paradoxes qu’elle véhicule . Il tirait toujours les conclusions nécessaires qu’il fallait à chaque événement de la vie politique et sociale du pays …

 

Ce n’est pas pour rien que beaucoup de citoyens à travers le pays se reconnaissent dans ses écrits dans la presse, je veux dire ses interviews à travers la presse indépendante. Il arrive souvent sur le passage des élections et de leurs résultats, des voix qui s’élèvent    Par ici . Par là . Pour dire : « Ou Allah. Il n’y a que El Hachemi Cherif du M.D.S qui a vu juste. » Sinon « Koulhoum Tamahin »

 

On attendait toujours la pertinence de ses interventions publiques dans la presse. Il est resté à la fois le militant sincère de la démocratie, l’homme politique clairvoyant, net et propre jusqu’au bout des ongles. Il croyait dur comme fer dans son combat pour la modernité de son pays

 

On peut imaginer quelques fois que, feu El Hachemi Cherif était vraiment en avance sur son temps. Il possédait une rigueur absolue, une discipline sans aucune faute qui lui permettait de rester constant égal à lui-même et surtout à l’écoute attentive des bouleversements de son pays.

 

Ce pays si cher à son cœur qui a fini par l’épuiser jusqu’au dernier souffle. Malgré les menaces virulentes qui pesaient sur lui de la part des chasseurs de lumières comme disait Idir. El Hachemi Cherif est resté là parmis nous, parmis son peuple pour sauver la république de ces damnés de la terre. 

 

C’était une personnalité vraiment à part dans le paysage politique algérien ; sa disparition laissera un grand vide qui sera difficile à combler. Notre lumière s’est éteinte à jamais et brillera toujours dans nos coeurs.

 

Il était resté seul avec son parti, ses militant(e)s du M.D.S  à l’avant-garde du combat contre toute forme de compromis avec l’hydre intégriste qui porte une grande responsabilité dans la décennie sanglante que l’humanité n’a jamais connue ; dans un pays comme le notre . il n’a point trahit les siens . Il est resté digne comme un homme libre parce qu’il savait ce que signifie ce mot doux  «Liberté » …/…

 

Il est resté un grand animateur de la gauche progressiste algérienne ; un ardent défenseur de la liberté, de la démocratie, de la modernité pour son pays, c’est un véritable fils de la vallée de la soumam ; digne héritier du martyr Abane Ramdane.

 

Témoignage

 

J’ai eu par le passé la chance et l’honneur de faire partie de la distribution de son film « Ettarfa » à l’époque, ou il était encore dans le domaine de la réalisation dans (l’ex : R.T.A)

 

C’était tout à fait au début des années soixante dix (1972) il avait réuni autour de son film, une pléiade de comédiens connus et inconnus, et ceux de  (l’ex : R.T.A)

 

Entre autres : Achour Rais, (feu, Mohamed Nia),( feu :Stombouli ), (feu :Abdelkader Alloula) et (feu :Azzedine Medjoubi), Alit, Larbi Zekal, Hadj Cherif ( T.N.A) le jeune de l’époque , Mohamed Sahraoui du film El Ghomri.et moi-même Kaarer Abdelkrim ( Théâtre et culture) Alger.

 

Ceci, devrait être parmis les premières œuvres cinématographiques de cette période  post indépendante qui traitait de sujet autre que celui de la guerre de libération, si ma mémoire est bonne.

 

L’œuvre en question se projetait sur l’Algérie de cette période ou la question agraire était encore en gestation dans le milieu estudiantin de cette époque et le but de ce film était une contribution afin de traduire cette nécessité d’aller vers la réforme agraire.  

 

J’ai participé dans la seconde partie mettant en scène deux personnages clés autour d’un conflit d’expropriation d’une parcelle de terre par un propriétaire terrien en l’occurrence (feu : Abdelkader Alloula) dont l’obstination était d’extorquer par la menace, la ruse et les intrigues  au vieux paysan, (feu : Stombouli) , un bout de terre que celui-ci voulait exploiter pour changer sa condition de Khamas.

 

Une lutte féroce  s’installe entre ce vieux paysan et le gros propriétaire terrien durant le récit de cette seconde partie ou les mains laborieuses de ce vieux paysan s’agrippaient arrachant les mottes de terre, cette terre rouge à la quelle il serait attaché fortement  et que la longue nuit coloniale avait chassé ses aïeux de cette terre. Telle était la puissance symbolique de ce final cut : d’Ettarfa.

 

A mon souvenir jamais le printemps en ce beau mois de mai, mille neuf cent soixante douze, n’était si beau les moissons aussi ; la terre appartenait encore aussi à son espace naturel, il y’avait dans le regard fier de ces paysans travaillant dans le domaine  agricole de la gestion collective un…/… immense espoir ; quand à la marche que devait entreprendre ce pays, son peuple pour leur bien être. Déjà au départ l’engagement épineux fait de contraste et d’incertitude même , même que l’on donne le feu vert pour le tournage d’un film comme «  Ettarfa » sur la condition paysanne ; c’est comme une situation tout a fait absurde, surréaliste même on vous donne une camera , une régie, une équipe de techniciens, mais entre temps et par la suite on vous confisque la pellicule , c’est comme pour vous dire allez faire semblant de tourner ; c’est aberrant , c’est à peu près ce qui c’est passé avec Ettarfa d’El Hachemi Cherif , un film dont le tournage a duré presque trois mois et puis c’est comme si ce film n’a jamais existé , on entendait plus parler .

 

En finalité le film est terminé, emboîté, développé, monté, synchronisé, et puis plus rien ; on ne saura son existence qu’au début des années quatre vingt dix . C’est-à-dire une vingtaine d’années après et encore dans une émission hasardeuse sur les ciseaux de (l’ex : R.T.A)…. Consacré soit disant  au film censuré de l’époque. C’est le pays de Djeha. Comme l’a si bien métamorphosé Kateb Yacine dans sa poudre d’intelligence.

 

Je me souviens de cette ambiance fraternelle et chaleureuse autour du tournage d’Ettarfa une équipe légère de techniciens de (l’ex : R.T.A) sous la houlette d’un Kazi Tani Directeur de photo, à l’époque, pour cette seconde partie du tournage, le décor rural des plaines de la Soummam et de Tlemcen et Sidi Belabes servait de décor pour ce film.

 

La présence de Alloula  Abdelkader auprès de son camarade El Hachemi Cherif donnait du tonus à ce tournage ; vous ne pouvez pas savoir ô combien ! feu Alloula était impressionnant ! Il était en pleine forme ; on sentait qu’il était tout à fait heureux de collaborer à ce film. lui et El Hachemi Cherif formaient un véritable tandem il y’avait plein d’humeur entre eux . Ils se respectaient mutuellement aussi.

 

El Hachemi Cherif était d’une grande correction il n’élevait jamais la voix durant le tournage il s’entendait merveilleusement avec son équipe et il savait ce qu’il voulait et elle le lui rendait bien, il respectait tout le monde et dans les moments de détentes ; il se mêlait toujours aux autres, il ne cessait de taquiner ses techniciens sur le vécu du tournage et en particulier son régisseur principal auquel il reprochait ses faux fuyants sur les problèmes qu’il devrait résoudre pour le tournage. bien sur tout ceci était pour égayer l’atmosphère .

 

C’était pour moi le tournage le plus serein et le plus agréable que j’ai connu depuis.

 

Voilà un peu quelques repères que je garde de ce tournage, malgré la distance des années ; ils furent des moments de grandes espérances pour le 7e Art …/…

 

Feu El Hachemi Cherif avait au départ des idées progressistes et humanistes à la fois ; il avait mis toutes ses espérances pour son pays ; pour le bien être de son peuple, il croyait fortement à l’ancrage de  valeurs civilisationnelles très élevées pour notre société. L’histoire lui donnera… peut être, un jour raison.

 

Je m’excuse auprès de ses proches, de ces compagnons pour ce modeste témoignage un peu tardif, notre combat restera toujours le même.

 

On continuera à le transmettre aux générations à venir, tel que l’aurait souhaité feu El Hachemi Cherif, ça sera son testament incontournable.

 

Qu’il repose en paix … désormais ; le combat continu pour une Algérie libre et démocratique.

 

 

                                                      Abdelkrim Kaarer

 

                                                        Comédien  Ancien Artiste

 

Fait à Ouargla le 19 Août 2005. 

Adresse : Abdelkrim Kaarer

B.P 224 R.P Ouargla 30000.

Publié dans L'info de Tamezgha

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