Mascula une histoire à ne pas oubliér

Publié le par chaoui

Mascula Une histoire !

D’après une inscription trouvée à l’entrée du conduit de la piscine alimentée par la source du Chabor et dont E. Masqueray donnait la lecture suivante (Revue africaine, 22ème année. N° 132, Novembre 1878)

IMP C A E S A R DIVI NERVEA FIL NERVA. TRAIANO AVG. GERMANICO Mascula serait fondée vers le début du IIè siècle, l’époque où s’élevaient l’arc de Triomphe de Thamugadi et les principaux édifices de Lambaesis. Elle appartenait à l’axe Theveste-Lambaesis, axe que la IIIè Légion Auguste, quittant Theveste où elle était stationnée, avait suivi avant de venir s’installer à Lambaesis et de permettre ainsi la fondation de Thamugadi, ville apparemment de vétérans et d’auxiliaires de l’armée, en premier lieu. Comme sa voisine Vazaia, l’actuel Zoui, Mascula fut d’abord statio avant de se transformer en ville possédant un théatre, un temple, plutard une église …Elle fut également un important nœud routier vers lequel convergeaient d’importantes voies romaines reliant la Proconsulaire à Thamugadi, Lambaesis par Theveste (Est-Ouest), ainsi que les villes des confins sahariens Ad Majores, l’actuel Besseriani, Badias, l’actuel Badès, à la Numidie méridionale et aux villes du Nord, Cirta, Hippone… en passant par Bagaï, dans la plaine du Tarf. Voici ce que Masqueray écrivait à ce propos : « … Une route secondaire reliait certainement Mascula à Baghaï, laissant à gauche la légère ondulation du Menchar où les Djeraoua, tribu fidèle de la Kahina, vivaient peut-être dès l’occupation romaine. Une autre descendait vers le sud-ouest, entre Djahfa isolé, aplani comme une table, et les hautes ondulations de l’Aouras, dans le sillon de Tadammit et de Djemri où l’on trouve quelques ruines, desservait la plaine de Tamagra dont les mûriers datent des Romains, et se bifurquait peut-être à Meleg-el-Ouidan, vers Khiran et vers le pays des Beni-Imloul. ». Toujours d’après Masqueray, le plateau des Nememchas serait également desservi par une voie qui passerait par Vegesala, lieu encore non-identifié avec certitude, quoique plusieurs fois mentionné, déjà vers 345/48, lorsque le successeur de Constantin, son fils cadet Constant, tentait de rétablir l’unité religieuse avec le donatisme, ensuite en 411 lors de la conférence de Carthage à laquelle participait son évêque (voir à ce sujet l’excellent ouvrage de Serge Lancel, Saint Augustin, Fayard 1999). Pour revenir aux voies passant par Mascula, Masqueray nous renseigne également sur celle passant par le col de Tazouggart et traversant la Sbikha avant de parvenir à Zoui, et celle qui se dirigeait vers le col de Babar, en passant à travers Djahfa et Chettaya et « …desservant la partie méridionale de la Sbikha, où s’élèvent encore les ruines de Cedias et le gracieux tombeau romain », nommé Kasr el Djazia.

Ainsi donc, Mascula, bâtie à la pointe extrême du massif de l’Aurès, occupait une position stratégique contrôlant les voies Est-Ouest et commandant la trouée séparant le massif du plateau des Nememchas et constituant par-delà même la clé du sahara, position plus stratégique que Lambaesis elle-même. En était-il ainsi aussi avant l’occupation romaine ? Des études récentes nous démontrent que ces cités appelées communément romaines avaient été, en fait, souvent construites sur des vestiges de cités appartenant à des civilisations antérieures. Ainsi en est-il même de Thamugadi (communications personnelles avec des amis historiens et archéologues …) et bien d’autres cités. Aussi, l’idée chère aux auteurs des débuts de la colonisation et que d’autres ont repris par la suite avec zèle et qui consistait à voir dans l’occupation romaine un apport de civilisation venue s’installer sur des terres arides, quasi désertes, et derrière laquelle se cachait, en réalité, l’idée infâme de « légitimes » héritiers reconquérant, n’est qu’une aberration supplémentaire révoquée par l’histoire. Dans le cas particulier de l’Aurès, l’on avançait souvent des thèses du genre, « remparts autour du massif pour contenir les populations locales… » ; tout cela ne peut tenir, lorsque l’on considère que, même au plus profond du massif, aussi bien dans ses vallées fertiles que dans ses montagnes boisées, des vestiges aussi bien de culture gréco-romaine que amazigh (berbère), donc de caractère plutôt amazigho-romains, abondent (constructions de grand appareil, huileries industrielles, canalisations allant jusqu’à cent kilomètres de longueur, rien de comparable n’est connu dans l’histoire de l’empire romain !…), ainsi qu’en témoignent les travaux de Masqueray, Mme Alquier, les frères Morizot, Birebent et plus récemment mes propres publications sur les nouvelles découvertes dans l’Aurès profond. Un lien étroit existait donc entre l’intérieur du massif et ses villes phares, à partir desquelles il communiquait vers l’extérieur. L’exemple peut-être le plus frappant, puisqu’il nous révèle jusqu’aux moindres détails les rapports caractérisant le mode de vie à une époque donnée, est sans doute celui des mosaïques de Bouzouamel, dans la vallée de Mellagou. Nous retrouvons là les mêmes motifs que ceux des mosaïques ornant une des riches villas de Thamugadi (la maison de Sertius) ansi qu’une autre maison de Lambaesis, qui, elle, se rapproche encore plus de Bouzouamel, puisque dans les deux cas, les mosaïques avaient été exécutées dans le même style d’élégance, de clarté et de composition équilibrée. A cela vient s’ajouter le fait que, au déclin de l’empire romain, il n’y eut pas de « vacance de pouvoir », comme on dirait aujourd’hui dans le vocabulaire récent, puisque, tour à tour, les byzantins d’abord, les arabes par la suite, rencontrèrent une farouche résistance que leur opposaient des armées amazighes organisées, conduites par des Aguellides aguerris, de Koceila à Kahina, armées dont les structures supposaient l’existence « d’états », qui ne pouvaient être que le prolongement naturel des états numides, dirigés par des Aguellides puissants, des ancêtres de Massinissa aux arrières petits-fils de Tacfarinas, en passant par Micipsa, Jugurtha et les autres, bien antérieurs aux occupations postérieures, soubressauts de l’histoire auxquels les peuples ont toujours survécu. (À suivre...)                      

source :Khenchela.net

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azdin 12/09/2005 02:26

hola.
je suis un amazigh,un imegrant en
lŽamerique du sud-lŽargentine.
je suis ne en arris.
la veriter je veus conocter,comunniquer
avec la region.
jŽaspere une reponse.
observacion:le texte qui je leer cŽest
tre important.
merci.
e.mail:azdinelberber@yahoo.com.ar