Tinariwen ou le cri des Hommes libres...

Publié le par amazigh

nariwen ou le cri des Hommes libres...

Sortie de leur deuxième CD "AMASSAKOUL"
 
Depuis des siècles Imazighen luttent pour se libérer des impérialismes qui ont programmé leur disparition. Les membres de Tinariwen font partie de ceux qui, en 1990, ont pris les armes contre l’armée de l’Etat malien. S’ils ont déposé les armes, ce n’est pas pour autant qu’ils ont renoncé au combat pour la libération des Touaregs. Leur travail, ils le poursuivent : aujourd’hui, c’est en mêlant mélodies et chants touaregs avec des instruments et rythmes modernes qu’ils produisent de véritables airs révolutionnaires. Leurs textes, très chargés, sont d’authentiques appels à la révolte et au combat pour la libération du peuple amazigh.

Tinariwen est le symbole de cette génération de Touaregs (Imazighen du Sud) qui ont osé prendre les armes pour défendre leur dignité face aux Etats malien et nigérien. Ces Etats créés de toute pièces par le colonialisme français et dont les frontières, à l’instar de celles des autres Etats d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie,...), n’ont aucune légitimité, ont pratiqué, dès le début de leur existence, une politique de marginalisation, de mépris, d’exclusion et de répression à l’égard des Touaregs.

"L’image la plus saisissante devant contribuer à forger la légende de ce groupe, vraiment à part reste celle de Keddu Ag Hossad, partant à l’assaut du poste militaire malien de Menaka près de la frontière nigérienne, une kalachnikov à la main, une guitare électrique dans le dos. Cette offensive du 30 Juin 1990 sera l’amorce de la seconde rébellion touareg qui durera 3 ans et fera des milliers de victimes" écrivait Francis Dordor dans Biographie de Tinariwen.

Touchés dans leur amour propre et voyant leur liberté menacée, les Touaregs ont décidé de se battre et ont pris les armes pour défendre leur honneur et leur liberté. Ainsi, deux révoltes principales les ont opposées aux Etats en place ; la première en 1963 et la deuxième en 1990. Ces révoltes, aussi bien au Mali qu’au Niger, ont été suivies de signatures d’accords de paix entre les Touaregs et les Etats concernés. Mais ce n’est pas pour autant que les problèmes des Touaregs sont résolus : leur liberté est toujours menacée.

Dans son introduction publiée dans le livret qui accompagne le CD de Tinariwen, Andy Morgan dit : "Les jeunes touaregs qui ont fuit la misère de leur pays pour trouver refuge ailleurs, choisirent la guitare électrique parce que sa puissance sonore portait leur message beaucoup plus loin et que ses plaintes parlaient avec éloquence de leur peine. Elle exprimait aussi leur frustration avec leur propre peuple qui languissait dans un sommeil sans âge tandis que le monde s’écroulait tout autour d’eux. Tinariwen, de Kidal, furent les premiers instigateurs de cette révolution de la guitare. Vingt ans après, leur message continue à s’amplifier ; on l’entend de plus en plus loin de leur désert natal."

Cette souffrance est toujours d’actualité. Les Touaregs font partie de ces peuples qui souffrent, qui souffrent de ce que les colonialismes leur ont imposé. De ce que ces colonialismes les ont privés. Mais les colonialismes sont toujours là. Ils ont programmé l’assimilation des Touaregs et celles des Imazighen de manière générale.

A défaut de prendre les armes, Tinariwen ont pris la guitare et usent de leurs voix, de leurs mélodies et de leur imagination pour porter la voix de leur peuple loin, très loin ; pour résister à la politique d’assimilation.

Tinariwen vient de sortir son deuxième album intitulé "Amassakoul". C’est un véritable régal que nous offrent ces sept Touaregs de ce groupe révolutionnaire.

Ce n’est pas par hasard que le thème de la souffrance revient très souvent dans les textes de cet album de Tinariwen. C’est de la souffrance de tout un peuple dont il s’agit.

Dans Chatma (Mes sœurs), ils s’adressent aux femmes touarègues pour qu’elles lancent un appel à tous les Hommes libres. Les paroles de cette chanson rappellent les terribles années de répression qu’a vécu le peuple touareg. En effet, lors des années 90, les Etats malien et nigérien se sont donné à une répression sauvage dans le Pays touareg ; un véritable ethnocide. Des troupeaux ont été décimés privant ainsi les populations de leur ressource principale, des puits ont été empoisonnés et des vieux tués. Le texte de la chanson parle de ce feu que l’individu porte sous la peau, le feu de la rage et de la colère de tout ce que ses frères ont subi comme souffrance et misère. Il demande à ses sœurs de crier fort et d’appeler au rassemblement de tous ses frères qui doivent se battre... et que les ennemis, quelle que soit leur force, brûleront dans leur feu...

Dans Amassakoul n Ténéré (Le voyageur du désert), Tinariwen compare le voyageur du désert, ou tout simplement l’habitant du désert, à ceux qui, nombreux, sont organisés et marchent ensemble. Ces derniers, même s’ils sont main dans la main, vivent un chemin vide de sens ce qui fait qu’en vérité ils sont seuls. Contrairement à ce voyageur du désert qui est tout le temps en relation familière avec tout ce qui fait le désert, tout ce qui fait ses soucis...

Dans Arawan, Tinariwen "jette les bases du rap tamasheq". Le rythme rap dans cette chanson accompagne des paroles qui expriment encore une fois cette souffrance des hommes du désert.


Dans Oualahila ar Tesninam, authentique rock’n’roll touareg, Tinariwen appellent à la révolte. Ils appellent au réveil des années de sommeil : il faut changer, il faut bouger et sortir de l’indifférence.

Tinariwen sont en tournée internationale depuis le début du mois de mai. (Voir le programme)

Ayant une démarche militante, Tinariwen se font souvent accompagner, dans leurs déplacements, par Issa DICKO qui donne des conférences sur la culture touarègue et particulièrement sur les Tifinagh : une manière de faire connaître davantage le peuple et la culture touaregs.

L’action de "Tinariwen" s’inscrit dans la droite ligne du combat des Imazighen pour la reconquête de leur souveraîneté perdue depuis des siècles...

Bon vent à Tinariwen...

Affu ag Amastan

-  Savoir plus sur Tinariwen

-  Tournée de Tinariwen

 

Les membres du Groupe Tinariwen

 

Abdalla
Abdalla
Abin-Abin
Abin-Abin
Abrybone
Abrybone
Elaga
Elaga
Mina
Mina
Eyadou
Eyadou


Saïd
Saïd






source :tamezgha.fr

Publié dans L'info de Tamezgha

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