Amirouche !

Publié le par mmis n ighzer amellel

 Rencontre avec le chanteur Chaoui Amirouche

Tel un phénix...

Amirouche nous reviens, considéré comme l’enfant terrible de la chanson chaouie. il fait partie de la deuxième génération de chanteurs contestataires qu’a connue l’Aurès.Mais n’empêche, que l’occultation et l’interdit ne l’ont pas pargé.

Si l’on considère que les pionniers, Dihya, Souhali, les Berbères et Mmarkunda ont produit leur premier album en semi-clandestinité, ce n’est point mieux pour la relève, Mihoub, Massinissa, Nouari, Aïssa Brahimi, Boumaraf et Amirouche présentement.
Revoilà Amirouche, l’enfant d’Imsounine, qui était silencieux ou absent depuis plus d’une dizaine d’années. il fait son come-back avec du recul, une plus grande maturité, mais une double douleur. Loin de thamurth (pays) et loin de son large public, qui ne cesse de demander de ses nouvelles, ce n’est certainement pas l’émission “Sans visa” qui va lui en donner. Le chanteur, rebelle plus que jamais, se porte comme un charme.


Il ne va pas tarder à séduire ses fans, mais surtout briser un silence qui n’a que trop durer. Lors d’une rencontre à Paris en présence de son complice de toujours Momo, Amirouche garde jalousement ses secrets, mais il nous donne des indices de son nouvel album, très actuel mais aussi enraciné et racé, comme d’habitude. Textes profonds, avec grande recherche, porteurs, sans rime aucune mais chargés d’amour, d’empreintes, de lutte et de revendications sans concession aucune. T’kout la martyre, la décennie noire, l’Aurès enclavé, les enfants des Aurès… Amirouche refuse le compromis, quitte à s’exposer, car les silencieux et les spectateurs sont complices…
Dans un café à Jussieu, l’artiste sort sa guitare et nous subjugue au grand plaisir des Parisiennes présentes.
Menni menni, Slim, le printemps éphémère des Aurès, muse de l’artiste peintre Merzouki Chérif, que seul Amirouche avait chanté et chante encore.
ہ Marseille, où Amirouche s’est produit à l’occasion de la semaine culturelle chaouie, il a donné à voir et à écouter. “C’est ce chant que nous voulons écouter”, nous confie une dame aux beaux tatouages sur le front et sur les bras. sa petite-fille, qui n’a pourtant jamais vu le pays, parle aussi bien le chaoui que sa grand-mère ; elle enfonce le clou : “d’habitude, ils nous ramène soi-disant des chanteurs chaouis, mais qui chantent en arabe ou qui mélangent les deux langues. on ne vient pas pour les écouter, mais juste pour les voir, ils chantent faux et dansent mal… c’est pas du chaoui, je suis désolée.”
Amirouche sourit à ces propos, mais il cache mal sa pleine satisfaction, “pas pour les compliments”, nous confit-il, mais de voir, une jeune demoiselle, d’à peine 17 ou 18 ans parler chaoui, ça le rassure. “Oui. c’est vrai, je ne fais pas danser, et ce n’est pas mon boulot. j’ai la modestie de vouloir maintenir la mémoire, de ne pas oublier ; et j’espère, que nous sommes nombreux et contagieux, l’Algérie millénaire ne dort pas”, a-t-il renchéri.

                                                                                  Rachid .H

Publié dans musique chawi

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