Communiqués du C M A

Publié le par chaoui

Communiqués du C M A

Répression dans les Aurès (Algérie) : Le CMA alerte le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme


Mme Jahangir Rapporteur Spécial des Nations Unies concernant les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires

Mr Miguel de la Lama Pour le Comité des Nations Unies concernant les détentions arbitraires

Mme Rinaldi Section Afrique du Nord

Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme

Palais Wilson, 8-14 avenue de la Paix

1211 Genève 10

Mme, Mr

Par la présente, le Congrès Mondial Amazigh (CMA), ONG de défense des droits du peuple amazigh (berbère), souhaite vous alerter sur les graves et massives violations des droits de l’homme qui se déroulent actuellement dans la région des Aurès (Est de l’Algérie).

Le 13 mai dernier dans la soirée, dans la localité de Taghit (Wilaya de Batna), un membre des GLD, la milice paramilitaire créée par le gouvernement algérien dans les années 1990, tire sans sommation et sans qu’il soit aucunement menacé, sur deux jeunes gens, tuant l’un d’eux, Chouaib ARGABI, âgé de 19 ans. Son ami, Ali Remili, fut enlevé et séquestré dans le casernement des GLD.

Le lendemain, suite aux protestations pacifiques des citoyens de Taghit et de Tkout (localité voisine), exigeant toute la lumière sur cet assassinat, le gouvernement a dépêché des renforts de gendarmerie et de l’armée dans le but évident de réprimer les populations en colère.

Les gendarmes et les militaires fortement armés, sont intervenus avec une grande brutalité contre des civils sans défense : des dizaines de personnes ont subit des passages à tabac, des humiliations publiques, des violations de leurs domiciles, etc.

A ce jour plus de 100 personnes ont été arrêtées et actuellement incarcérées dans les casernes de la gendarmerie de Tkout et à la prison d’Arris. Il est fort à craindre que ces prisonniers subissent des tortures et des traitements inhumains, cruels ou dégradants.

Les membres du mouvement citoyen de la région des Aurès, un mouvement parfaitement pacifique et démocratique, sont particulièrement visés par cette violente vague de répression. Ils sont actuellement l’objet d’une véritable chasse à l’homme qui les contraint de vivre dans la clandestinité.

Depuis le début de ces tragiques événements, les habitants terrorisés n’osent plus sortir de leurs domiciles de crainte des rafles policières, particulièrement à Tkout qui vit une situation de ville-morte.

Le CMA attire votre attention sur le fait que le scénario tragique qui se déroule actuellement dans cette région amazighophone de l’Aurès, ressemble étrangement à celui qu’a vécu la Kabylie, autre région amazighophone d’Algérie, en avril 2001 et qui a dégénéré en printemps noir : 125 citoyens tués par les forces de sécurité de l’Etat, des blessés et des exilés par milliers.

Si les Nations Unies n’interviennent pas prestement et fermement pour stopper les dérives totalitaires du pouvoir algérien, nous pourrions assister dans les prochains jours à une nouvelle catastrophe humaine avec son lot de victimes et de deuils.

Les populations algériennes et particulièrement amazighes ne peuvent en appeler à la justice de leur pays car celle-ci est exclusivement au service de l’ordre établi. Leur seul et dernier recours reste l’appel au soutien et à la protection de la communauté internationale.

C’est pourquoi nous sollicitons de manière pressante votre intervention et comptons sur vous afin d’user de toute l’autorité et des prérogatives qui vous sont conférées afin de stopper cette agression contre les populations des Aurès et d’exiger du gouvernement algérien qu’il mette un terme à sa politique criminelle particulièrement à l’encontre des populations amazighes.

L’Algérie officielle doit se soumette concrètement, réellement et sans délai à ses obligations internationales en matière de respect des droits humains. C’est la condition nécessaire pour empêcher la récurrence des violations des droits individuels et collectifs dans ce pays.

Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération.

Paris, le 17 mai 2004

Belkacem Lounes, Président

Copie à : Parlement Européen, Commission Européenne, Conseil de l’Europe, Union Africaine, ONG
 

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