Amirouche La voix des opprimés

Publié le par Aurés

CHANSON CHAOUIE : Amirouche  La voix des opprimés

C’est à M’chounèche, un village chaoui, situé à la lisière des monts des Aurès qu’est né et grandi notre chanteur. Dans ce village connu pour être un des premiers fiefs du MCA dans la région, Amirouche s’y est, semble-t-il, replongé comme dans un bain en portant et en faisant siennes les revendications de toute la société.

Notre chanteur est, en effet, un militant farouche qui défend sa culture et sa langue ancestrales. Son engagement à ce titre est tel qu’il a pu, en si peu de temps, transcender tous ceux qui l’ont précédé dans cette voie pour répercuter le cri du mouvement amazigh et dénoncer l’ostracisme inique dont est victime sa culture.

A tel enseigne que parler aujourd’hui de la chanson engagée dans les Aurès nous amène inéluctablement à évoquer son nom et reprendre ses vers tranchants.

Certes, le mérite revient à Dihia qui a ouvert le bal à ce genre de chansons vers la fin des années 70, mais force est de reconnaître que Amirouche demeure l’une des figures qui l’ont le plus propulsé jusqu’à en répandre le message dans tous les Aurès, une région qui naguère restait insensible au problème identitaire.

Dans ses galas et autres rencontres avec le public, il ne cessait de marteler avec force : « depuis que j’ai sucé le lait de ma mère, j’ai pris le serment d’en défendre la culture et la langue jusqu’à ce qu’elles recouvrent tous leurs droits. » Ainsi, les chants de Amirouche ne sont visiblement que des instruments, dont il fait usage, pour raviver perpétuellement une douleur et répercuter le cri des opprimés.

Par la force de son verbe et son abnégation à servir une région que le destin a déchue, il a pu aujourd’hui conquérir le cœur de milliers d’Auressiens. Mais au-delà de son engagement en faveur des opprimés, le chanteur est un être d’une extrême sensibilité répugnant l’indifférence et abhorrant toute neutralité stérile. C’est ainsi qu’il partage tous les malheurs et toute la détresse de son peuple en dénonçant, dans ses poèmes, tous ces responsables qui sont à l’origine de la situation chaotique du pays.

En les mettant à l’index, Amirouche veut en quelque sorte que l’Histoire les retienne pour que plus jamais l’on n’ose altérer le printemps ni chasser le sourire.

Tettfem ajenna ternim tamurt

Vous avez accaparé ciel et terre

S idamen n izawaliyen

Sur l’autel des déshérités

Tesqqurem nnewar di tefsut

Desséchez les fleurs au printemps

Te ??im-asen kis n isennan

En les réduisant en épines

Mais ce qui fait, de surcroît, la force du verbe chez Amirouche, ce sont ses capacités (dont lui seul connaît le secret) à moderniser une chanson sans pour autant en altérer l’authentique rythme chaoui, contrairement à d’autres qui, ce faisant, ont très vite versé dans des styles étrangers.

Autant il lutte pour la promotion de la culture ancestrale, autant il pérennise les rythmes authentiques de la chanson chaouie. Pour lui, un message ne pourrait être assimilé s’il n’était pas aussi percutant que familier à l’ouïe du public.

Amirouche, tout en restant fidèle à sa thématique, intercède de temps en temps pour rendre hommage à certaines personnalités qui furent victimes de l’ingratitude des officiels. Des personnalités que notre chanteur a voulu déterrer de l’oubli comme Kateb Yacine, Mâameri, Naziha Hamouda (Fille de Si El Houass) et Cherif Merzougui, cet autre militant du pinceau à qui il a rendu, dans l’une de ses belles chansons, un vibrant hommage.

A Cerif Merzugi !

Ô Sherif Merzougui !

a duma-inu !...

Ô mon frère !...

Nnan ahbib-nwen

Quand il m’ont annoncé

Yedduri s-ddu ucal...

Que l’être cher a été inhumé ...

Ass n 4 di brir, yila wedbir

Le 04 avril, le pigeon a pleuré

Yemha wul Akd ma yella d ahdir

Le cœur, quand bien même un roc, s’est brisée

Amirouche reste donc un être si sensible et si reconnaissant dans un monde ingrat et dans un pays où la considération n’y va que vers ces flatteurs sans foi ni loi qui, pour glaner les faveurs les plus viles, vont même jusqu’à charcuter une chanson chaouie aux abois. Longtemps boycotté par les médias officiels notamment la télévision à cause de son verbe, notre chanteur prit alors le chemin de l’exil en 1998 puisque la chanson chaouie, pour lui, ne peut s’accommoder de cette thématique folklorique et fanfaronnade où l’on veut cantonner. Pour Amirouche, La chanson auressienne, ne peut être que rebelle pour mériter son nom.

Salim Guettouchi

Publié dans Langue Berbère

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Chloe 15/11/2005 01:44

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Chloe 15/11/2005 01:43

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