9e anniversaire de l’assassinat de Matoub

Publié le par Aurés

amaz-copie-1.JPG Tchawit  9e anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès



Dans la presse étrangère. « Le Figaro » évoque "le destin tragique de Nadia Matoub" 

Je me souviens d’un 25 juin 1998, un tsunami étatique est venu nous rappeler que l’homme n’était qu’un simple mortel. Tala Bounane a vu partir celui qui ne quittera jamais nos cœurs.

Je me souviens d’une mandole qui faisait vibrer ses cordes pour bercer le peuple Kabyle dans son malheur, le blues Algérien.

Je me souviens d’un nuage de fumée noir survolant Tizi Ouzou comme pour cacher la tristesse de ses habitants, d’un gamin de 14 ans armé d’une pierre, d’une bouteille de vinaigre et de son chagrin.

Nous nous rappelons tous de Matoub Lounès parce qu’on ne veut pas oublier, parce qu’on ne doit pas oublier qu’il est mort pour chacun d’entre nous, pour la démocratie et la laïcité qu’il aurait tant aimé assimiler un jour à république et Algérienne.

Qui peux prétendre avoir tenu tête au pouvoir Algérien jusqu’à son dernier souffle. Qui peut prétendre avoir était enlevé par des terroristes intégristes et relâché tellement la mobilisation du peuple était forte. Qui peut prétendre avoir crié sur les plateaux de télévision de France 2, France 3 et TF1 l’injustice et la dictature qui régnait en Algérie. Qui peut prétendre avoir vendu des dizaines de milliers d’albums en étant totalement boycotté et censuré sur la chaîne unique Algérienne et sur toutes les radios. Matoub lounès, a mené à lui seul le combat de tout un peuple.

Matoub Lounès avait déclaré peut avant sa mort Face à Patrick Poivre d'Arvor « Je pense que mon combat est noble, il est juste. Mourir pour cette noble cause ne sera pas un sacrifice en vain, non je continuerais à me battre … D’avantage encore. »

La peur de la mort ne faisait pas le poids face à son amour pour son pays l’Algérie et pour la liberté. Malheureusement il faisait partie de « ces gens qui font peur aux dictateurs »

Pour ce 25 juin 2007, nous rappelons à la famille de Matoub Lounès, à sa femme Matoub Nadia et à sa Maman Na Aldjia que nos cœurs sont avec eux, et que la Kabylie n’oubliera jamais ce que Lounès a réveillé en elle.

Amazigh pour La-Kabylie.com

Le 25 juin 1998, il y a tout juste neuf ans, le chanteur kabyle engagé Lounès Matoub était assassiné par un mystérieux commando en Algérie. Nadia, sa veuve, blessée lors de l'attentat et qui vit aujourd'hui à Paris, refuse la fatalité d'un crime sans coupable. Son combat pour la vérité et la justice prolonge une singulière histoire d'amour noyée dans le sang.  

Quelques mois de bonheur intense, et la vie s'est brutalement figée dans un tragique arrêt sur image. À 31 ans, Nadia Matoub traîne sa douleur comme une âme en peine. Son mari, Lounès Matoub, chanteur adulé par la jeunesse dont il portait les colères et les espérances, était un personnage de roman. Son engagement pour les revendications kabyles et son laïcisme décomplexé en terre d'islam ne lui ont pas valu que des admirateurs. Lors des émeutes sanglantes d'octobre 1988 en Algérie, il avait été mitraillé à bout portant par des gendarmes. Comme par miracle, il s'en était sorti avec quelques séquelles et le vague à l'âme d'un écorché vif qui marquera son répertoire. En 1994, il est kidnappé par les sanguinaires du GIA, qui le relâchent au bout de deux semaines, sous la pression populaire. Le 25 juin 1998, la mort a fini par le rattraper.
 

Quelques jours plus tôt le chanteur est rentré de France où il avait terminé l'enregistrement d'un album explosif. Sur l'air martial de l'hymne national, D'Aghuru (« Trahison ») dénonce la collusion liberticide entre les apparatchiks corrompus du pouvoir FLN et les fous de Dieu qui veulent leur succéder. Sur une route de montagne, en Kabylie, un mystérieux commando est en embuscade. Une pluie de rafales. Du sang... Celui que les jeunes surnommaient affectueusement « le Rebelle » est mort. Nadia et ses soeurs, Ouerdia et Farida, survivent miraculeusement à leurs blessures. On relèvera sur la voiture 78 impacts de balle. Fin tragique d'une bien singulière histoire d'amour, qui a bousculé le conservatisme des familles traditionnelles.
   

Pour Nadia, sixième d'une fratrie de neuf enfants, la romance a commencé alors qu'elle avait 7 ans. Le regard triste, elle replonge dans ses souvenirs : « Mes frères adoraient les chansons de Lounès , qui était alors la star montante. J'étais imprégnée de sa poésie ; ses textes me transperçaient. » Au lycée, il devient son maître à penser, son gourou. À tel point qu'il arrive à Nadia d'apostropher ses camarades : « Est-ce conforme aux enseignements de Lounès ? »
 Vers 15 ans, lorsqu'elle ressent ses premiers émois d'adolescente, c'est pour le héros de ses rêves, le prince charmant qu'elle n'a pourtant jamais rencontré, que son coeur bat la chamade. Derrière la voix rauque du chanteur se profilent les vibrations de l'homme, objet de tous les fantasmes. Même s'il est déjà marié, et qu'il est son aîné de vingt ans, son image devient une obsession. 

Au printemps 1997, Nadia est étudiante en architecture à l'université de Tizi-Ouzou, capitale régionale de la Kabylie, où, fuyant les maquettes et les tables à dessin, elle monte ses plans pour rencontrer l'idole. Elle apprend qu'il est rentré de France, qu'il est au village, à Béni Douala, distant d'une vingtaine de kilomètres. Il vient de divorcer. Elle décide de plonger. Dès le premier regard, le coup de foudre est réciproque. Ils se marieront quelques mois plus tard.

À 21 ans, la jeune femme vit sur un nuage. « Le Rebelle » reprend goût à la vie, tombe la carapace et laisse parler son coeur. « Nous avions de longues discussions au coin du feu ou sur le balcon de la chambre. Nous passions nos soirées à rire et à jouer comme des enfants. Mais aussi à parler de sujets graves, parfois morbides. » Entre deux éclats de rire, le spectre de la mort, qui hantait déjà le répertoire du chanteur, se glisse au milieu des confidences. « Si je devais mourir, tu dois continuer à vivre pour moi », répétait-il, poussé par un étrange pressentiment. « Je ne pouvais concevoir la vie sans lui, ni de lui survivre s'il devait mourir », se souvient Nadia, le regard larmoyant. Pour son dernier album, Lounès Matoub doit retourner en France. La séparation est un déchirement. Nadia attend un visa pour le rejoindre. Elle pense déjà à tous ces lieux mythiques de la vie parisienne qu'elle rêve de découvrir avec lui. Et à l'enfant qu'ils projettent d'avoir. L'idylle se termine tragiquement sur une route de montagne.

Pendant plusieurs jours, les jeunes révoltés de Kabylie, orphelins de leur porte-drapeau, crient leur colère dans la fureur, et saccagent les symboles de l'État en scandant : « Pouvoir assassin ! » Une décennie après le drame, Nadia Matoub, toujours vêtue de noir, n'a pas encore fait son deuil. Après avoir survécu à une rafale de kalachnikov dans le ventre, elle a failli perdre la raison sous la pression de rumeurs perfides qui l'avaient ciblée lorsqu'elle avait émis des réserves sur la version officielle de l'attentat.

Son amour pour Lounès l'a aidée à ne pas sombrer dans la démence : « Dans les moments de désespoir, je m'oblige à vivre pour lui. Je ressens toujours sa présence, même si j'ai fini par réaliser qu'il ne reviendra plus. »
 Dans l'appartement de la banlieue parisienne qui a accueilli sa détresse, elle cultive le souvenir du chanteur iconoclaste, dans la discrétion. Malgré un courage digne des princesses berbères antiques, le masque craque, laissant apparaître des plaies toujours à vif.

En Algérie, l'enquête cafouille et les assassins courent toujours. Mauvaise conscience d'une justice sous influence, Nadia Matoub vient d'adresser une émouvante lettre ouverte au procureur général chargé du dossier, pour crier son indignation : « La procédure s'est déroulée comme si la justice était plus soucieuse de faire semblant d'enquêter pour gagner du temps, en attendant les délais de prescription, pour enfin enterrer l'affaire. » Avec la politique de « réconciliation nationale » qui leur a donné l'absolution, en septembre 2005, les criminels de tous bords sont désormais protégés par une étrange impunité. « Cette issue, qui défie la morale et la raison, est inacceptable. Je la refuse de toutes mes forces », s'insurge Nadia.

Dans ce combat éthique pour la vérité et la justice, la jeune veuve apparaît bien seule. Sa détermination résonne comme un défi aux bien-pensants d'une réconciliation en trompe-l'oeil : « Les plaies qui déchirent encore mon corps et mon âme refusent de cicatriser tant que la justice n'aura pas repris ses droits. Une justice sans haine ni passion. Mais une justice qui doit protéger les victimes et punir les coupables »
 

Arezki Aït-Larbi, Le Figaro 
Par le figaro le 25/06/2007 
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Publié dans L'info de Tamezgha

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