Allemagne G8 :Violences sur fond de pacifisme

Publié le par Aurés

Violences à Rostock

Photo: AFP/Danny Gohlke

Violences à Rostock

Allemagne G8

Violences sur fond de pacifisme
Une manifestation de dizaines de milliers d'altermondialistes réunis samedi à Rostock, dans le nord-est de l'Allemagne, pour dénoncer la tenue prochaine du sommet du G8 s'est terminée par une série d'échauffourées.

Le défilé, qui a rassemblé entre 30 et 80 000 personnes, s'est déroulé pacifiquement jusqu'à ce qu'environ 2500 manifestants autonomes masqués n'exercent un « black bloc » et ne commencent à jeter des pierres, des bouteilles et des cocktails Molotov sur les policiers.

Les forces de l'ordre ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et de lances à eau. Plusieurs voitures ont été brûlées.

Au terme des heurts, la police a fait état d'une trentaine de blessés dans ses rangs, mais n'a pu en préciser le nombre pour les manifestants. Les organisateurs de la manifestation avancent le chiffre de vingt. Près de 125 personnes auront été interpellées, dont la plupart ont été relâchées après un contrôle d'identité.Une porte-parole de la police a jugé que les manifestants autonomes avaient « cherché massivement la confrontation ».

Les organisateurs ont vivement condamné les échauffourées et déplorent les gestes de manifestants radicaux.

Manifestation antimondialiste à Rostock

Photo: AFP/John MacDougall

Manifestation antimondialiste à Rostock

La manifestation principale regroupait notamment des militants de groupes communistes, pacifistes, anarchistes et environnementalistes. Une quarantaine d'autres événements sont aussi programmés tout au long de la fin de semaine sous le slogan « Un autre monde est possible ».

Les critiques adressées au pays du G8 concernent tant leurs actions dans la lutte contre le sida et la pauvreté en Afrique que celles contre les changements climatiques.

Environ 13 000 policiers avaient été mobilisés pour encadrer la manifestation que leurs organisateurs souhaitaient pacifique.


Les défis herculéens du G8

Le sommet, qui accueillera les dirigeants des pays membres du G8 du 6 au 8 juin, se tiendra cependant non à Rostock, mais dans la station balnéaire de Heiligendamm, à 16 kilomètres de là. Un grillage a été érigé autour de la ville pour l'occasion, au-delà duquel s'étend un no man's land de 2 kilomètres de profondeur.

La chancelière allemande Angela merkel

Photo: AFP/Nigel Treblin

La chancelière allemande Angela merkel

Les membres du G8 aborderont notamment la question des fonds spéculatifs, ou hedge funds, à la demande de l'Allemagne qui souhaite que ces fonds fassent preuve de plus de transparence. Mais Berlin ne s'attend pas à autre chose qu'à un appel commun à la vigilance, en raison des réticences de Washington, de Tokyo et de Londres à imposer des mesures de contrôle.

La chancelière allemande, qui préside le sommet, se félicite cependant d'avoir réussi à mettre le sujet à l'ordre du jour. « Il est urgent de faire plus de lumière sur ces investisseurs avides de paris risqués et hautement lucratifs [...],sinon, nous nous exposons à des risques incalculables », soutient Angela Merkel. Avec l'appui de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne, elle souhaite voir ces fonds adopter un code de bonne conduite.

Les quelque 9000 hedge funds du monde, en majorité anglo-saxons, gèrent environ 1500 milliards de dollars, pour l'essentiel de l'argent emprunté. Ses détracteurs craignent que, dans l'éventualité de la faillite simultanée de plusieurs d'entre eux, une crise généralisée ne se déclare en raison des sommes énormes qu'ils ne pourraient alors rembourser.

Ses défenseurs soutiennent qu'ils jouent un rôle primordial dans le bon fonctionnement des marchés financiers, qu'ils approvisionnent en liquidités.

Les pays du G8 pourraient aussi tenter de faire un pas de plus pour remplir les promesses faites à 2005 au sommet de Gleneagles, en Écosse, sur l'aide aux pays d'Afrique.

Ils ont jusqu'ici respecté leur engagement d'annuler la dette multilatérale des 18 pays les plus démunis, mais ont pris du retard s'ils souhaitent, comme prévu, doubler d'ici 2010 l'aide à ces derniers. Selon l'ONG Oxfam, le G8 hésite à renouveler à Heiligendamm ses promesses de Gleneagles, sous la pression du Canada et de l'Italie notamment.

Urgence climat

Émission de GES

La chancelière allemande tentera par ailleurs de dégager une position commune de lutte à long terme contre les changements climatiques. Angela Merkel a salué l'initiative de George W. Bush dévoilée jeudi, qui rompt avec l'inaction de l'administration américaine, voire le refus des républicains de reconnaître la réalité du réchauffement planétaire et ses causes industrielles.

Les positions européennes et américaines semblent cependant difficilement conciliables. L'Europe, et au premier chef l'Allemagne, souhaite une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050 par rapport au niveau de 1990.

Les États-Unis proposent de leur côté que les 15 principaux pays émetteurs de GES, dont l'Inde et la Chine, se fixent des cibles non contraignantes. De plus, Washington semble vouloir mener ces discussions en dehors du cadre de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques. Ce choix s'inscrirait dans le refus américain de ratifier le protocole de Kyoto.

Angela Merkel a réitéré samedi sa volonté que toute négociation se fasse dans un processus piloté par l'ONU.

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