BLog Benchicou

Publié le par Aurés

Bienvenue chers amis !

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 Après deux jours d'existence, ce blog semble avoir été adopté comme espace pour s'exprimer librement, pour informer autrement, pour échanger des opinions sur notre pays, pour réfléchir à l'Algérie, pour proposer des solutions en toute indépendance. Exactement ce qu'était Le Matin et ce qu'il compte bien redevenir bientôt.. Le lancement de ce blog a été rendu urgent par les récentes pressions visant à m'interdire d'écriture et d'expression dans mon pays. C'est ma première réponse à la censure et au mensonge. Vous y découvrirez des informations exclusives, des interviewes, des réflexions, des commentaires. Ce blog vous appartiendra. Tout comme l'était Le Matin. Vous pouvez apporter vos commentaires et vos avis. Lire. Echanger. Il est la preuve que l'on n'abdique jamais de notre droit à l'expression libre.Il reste inachevé. Il s'améliorera au fur et à mesure.

Bienvenue à tous !

L'édito du jour : Il est l'heure d'ouvrir les yeux

                           (Dimanche 20 mai à 13 heures) 

C'eût été trop beau, trop miraculeux : le pouvoir de Bouteflika ne compte pas tirer les conclusions qui s'imposent de la grave déroute des législatives du 17 mai. Il s'entête, par la duplicité, le mensonge et l'hypocrisie, à s'agripper aux rênes d'un pays qui n'en veut plus,. Le peuple n'a pas voté ? Qu'importe. Le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni, décidément jamais à court de sornettes, a encore répété hier la Chaîne III que le taux de participation était « respectable et correct ». Avec son inimitable talent pour la baliverne, dont je suppose qu'il fait tout pour en rester digne, il a même trouvé qu'il y a eu « mobilisation des électeurs » (eh oui !) et explique cette « mobilisation » par “l'importance” des bulletins nuls. Bien entendu, il se contredira quelques minutes plus tard en parlant de « faible taux de participation » mais c'est pour en dire qu'il n'est « nullement une victoire des partisans du boycott » mais le fait de «  l'indigence la classe politique qui ne s'est pas adaptée aux attentes de la population » et qui, selon Zerhouni dont on découvre l'érudition en matière de propagande, n'a pas utilisé « le langage qu'il faut » pour notre société. Quelle gifle pour les formations politiques qui ont cru subtil de s'associer à cette mascarade électorale !

Mais alors, que retenir du baragouinage pathétique de Zerhouni ? Deux choses au moins, qui risquent fort de se vérifier dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois.

La première est que, par ce refus d'écouter le message populaire, le pouvoir algérien, contrairement aux analyses candides qui nous ont assurés du contraire, ne veut ni quitter la scène, ni démocratiser la vie publique. Bien au contraire. Un surcroît de répression est à attendre, réflexe somme toute normal d'un régime discrédité et qui cherche à se maintenir par la force. La prochaine loi sur les partis (lire notre rubrique « confidentiel ») est le premier tour de vis prévu par le duo Bouteflika-Zerhouni.

La seconde conclusion risque, elle, de s'avérer plus dramatique : devant le refus de changement par le sommet, le changement menacerait alors de se faire par le bas, c'est-à-dire au prix fort, après le chaos (lire le sociologue Zoubir Arous dans notre rubrique   « Algérie : quel avenir après les législatives ? »)

Sommes-nous conscients de ce pire qui pointe le nez ? Je ne sais pas. A lire les commentaires obséquieux et serviles, à écouter Louisa Hanoune, Ait-Hamouda du RCD ou les naïfs opposants républicains qui croyaient pouvoir arracher des strapontins au régime, on réalise que l'heure reste encore aux chimères et à une forme étrange de désinvolture politique. Il est pourtant l'heure de se réveiller à nos réalités. Les esprits les plus lucides devraient se préparer à une bataille décisive pour l'avenir de leur pays. L'Algérie ne mérite pas qu'on l'abandonne entre les mains de faux monarques névropathes. Et elle n'est pas dépourvue d'âmes courageuses pour faire basculer l'histoire.

Mohamed Benchicou

Publié dans Divers

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