Algérie :incidents et fraude

Publié le par Aurés

ALGÉRIE - Législatives : incidents et fraude dans des centres de vote

          

 On fraude même au bureau ou Boutef à Voté

Avec 35,51% de participation aux législatives, l'Algérie établit un record d'abstention.  

Ouvrir dans une nouvelle fenêtre Des incidents électoraux, accompagnés d’interventions des forces de l’ordre dans des centres de vote, ont été signalés par des observateurs de partis politiques à travers l’Algérie, lors des législatives d’hier. De son côté, la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNPSEL) a écrit au chef de l’Etat pour signaler plusieurs cas de fraude qu’elle a constatés lors du scrutin.

ALGER - Les incidents ont eu lieu notamment à l’est, à Souk-Ahras, Tébessa et Barika (Aurès), dans une région connue pour ses affrontements tribaux et à l’ouest, à Mascara. Ils ont le plus souvent opposé des militants de l’ensemble des partis en lice pour les législatives à des militants du Front de Libération Nationale (FLN, majorité) accusés de vouloir frauder. Les gendarmes ont dû faire évacuer les centres de vote.

Des incidents ont par ailleurs opposé à Souk-Ahras et Tébessa, des militants du FLN appartenant à des tribus rivales, selon les témoignages.

A Mascara, un observateur du Mouvement pour la société de paix (MSP - islamique) a été blessé lors d’un affrontement avec des militants du FLN, son partenaire dans l’Alliance présidentielle. A Alger et Baraki (banlieue sud), des militants du FLN ont été vus "remplir les procès verbaux électoraux en violation des dispositions légales", selon les observateurs du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD - laïc).

Dans une lettre adressée au président Abdelaziz Bouteflika, dont une copie a été transmise à l’AFP, la CNPSEL (indépendante) demande au chef de l’Etat "d’intervenir pour mettre fin aux abus graves qui accompagnent le processus électoral et qui ont dépassé les limites des cas isolés". Elle a signalé le refus des agents de certains bureaux de vote, notamment à Rouiba (est d’Alger), d’ouvrir les urnes pour s’assurer qu’elles sont vides avant le début du scrutin. "Certaines de ces urnes étaient remplies d’enveloppes au profit de candidats du Front de libération nationale (FLN)", précise-t-elle. Elle a relevé, par ailleurs, l’absence dans certains bureaux de vote, de listes de candidats de partis en lice, comme le RCD à Blida (sud d’Alger) et le MSP à Saïda (sud-ouest). La CNPSEL a dénoncé aussi la poursuite par le FLN de sa campagne électorale le jour du scrutin, notamment à Aïn Témouchent (ouest). Elle a signalé en outre que des urnes des bureaux itinérants des nomades, dans la région d’El-Oued (sud-est), ont été confisquées et cachées par des électeurs qui voulaient ainsi protester contre le déroulement du scrutin.

La CNPSEL est dirigée par l’ancien président du Conseil constitutionnel, Saïd Bouchaïr (1995-2001), 62 ans, professeur de droit, qui avait présidé la Commission nationale politique de surveillance des élections présidentielles (CNPSEP) d’avril 2004. Les plaintes de cette commission sont transmises au Conseil constitutionnel qui est chargé de valider les résultats électoraux. Le Conseil constitutionnel doit proclamer les résultats officiels du scrutin 72 heures après la fermeture des bureaux de vote, et au plus tard lundi 21 mai.

Le taux de participation, particulièrement faible, enregistré à 13H00 GMT était de 19,49 %, en baisse de plus de 8 points par rapport à celui des législatives de 2002 à la même heure.

Publié dans L'info de Tamezgha

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