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culure berbère

HISTOIRE DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE (BERBÉRIE)

DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU’À LA CONQUÊTE FRANÇAISE (1830)

PAR Ernest MERCIER

ÉTAT DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE À LA FIN DU XIVe SIÈCLE.

SITUATION DES TRIBUS.
Prépondérance acquise par les arabes au détriment des populations
berbères. Droits qu’ils se sont arrogés. Les excès des Arabes les
font mettre hors la loi. — Tribus Arabes dominant les principales villes.
— Transformation des tribus berbères arabisées par le contact. Infl uence
des marabouts de l’Ouest. — Relations commerciales des puissances
chrétiennes en Afrique pendant le XIVe siècle. — Organisation de la
course dans les villes barbaresques. — Ethnographie de chaque province.
— Darka et Tripolitaine. — Tunisie. — Province de Constantine.
— Mag’reb central. — Mag’reb extrême.

PRÉPONDÉRANCE ACQUISE PAR LES ARABES AU
DÉTRIMENT DES POPULATIONS BERBÈRES. DROITS
QU’ILS SE SONT ARROGÉS.

- AU moment où nous allons être
privés des précieuses chroniques d’Ibn-Khaldoun, il convient, avant
de poursuivre ce résumé historique, de constater la situation de
l’Afrique septentrionale à la fi n du XIVe siècle et de reconnaître la
position réciproque des tribus berbères et arabes.
Nous avons vu de quelle manière les Arabes hilaliens se sont
insinués au milieu de la race autochtone en servant tour à tour les
dynasties rivales qui se partageaient le Mag’reb. Les souverains
berbères, pour combattre leurs voisins ou les populations de leur
race, emploient les Arabes, toujours disposés à la guerre; puis,
pour les récompenser de leurs services, ou s’assurer leur fi délité,
ils leur concèdent. les terres des vaincus, s’attachant sans cesse
à abaisser le peuple aborigène, dont le caractère indépendant se
soumet diffi cilement à l’obéissance. Ainsi, l’élément berbère est
écrasé, abaissé, disjoint, au profi t des étrangers, mais bientôt ces
Arabes, devenus la seule force des dynasties indigènes, imposent
leurs volontés, leurs caprices aux souverains berbères et, par leurs
trahisons ou leurs révoltes, ne tardent pas à devenir un danger pour
leurs maîtres.
La prépondérance que les rois berbères ont laissé prendre aux
hilaliens, surtout en Ifrikiya et dans le Mag’reb central, a porté leur
audace a son comble. Leurs exigences n’ont plus de bornes ; en
outre des droits de Djebaïa (part dans les impôts qu’ils faisaient
rentrer), ils exigent, de l’état qu’ils servent, des fi efs choisis dans
les meilleures terres et pour lesquels ils sont affranchis de toute
prestation, en dehors du service militaire.
Sur les particuliers, ils prélèvent le droit de Khefara (protection)
consistant en jeunes chameaux, et de R’erara (sacs de grains).
Telles sont les charges ordinaires.

LES EXCÈS DES ARABES LES FONT METTRE HORS
LA LOI. TRIBUS ARABES DOMINANT DANS LES PRINCIPALES
VILLES DU TELL.

 — Ces exigences ont d’abord été pratiquées
par les Arabes sur les tribus ou les oasis éloignées, mais,
depuis quelque temps, ils les ont étendues aux villes du Tel : elles
doivent leur fournir des dons en nature et en argent et, si le service
de ces singulières pensions est en retard, les titulaires ont bientôt
trouvé une compensation dans la révolte et le pillage.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, les Daouaouïda
du Zab se lancer dans la rébellion parce que le gouverneur de Constantine
leur avait refusé leur doit. «Aussitôt, dit Ibn-Khaldoun, l’esprit
d’insoumission se réveilla dans ces tribus et les porta à des
actes de rapine et de brigandage…. On pillait, on dévastait les
moissons, et on revenait les mains pleines, les montures chargées
de butin(1)».
Dès que la paix se rétablit entre les princes berbères, les
Arabes sont contraints à plus de prudence : souvent même, de durs
châtiments leur font expier leurs insolences, mais bientôt, la guerre
renaissant permet aux Arabes de rentrer dans leur élément et, alors,
le sultan qui vient de les châtier est quelquefois le premier à solliciter
leur appui.
En Tunisie, la situation est devenue intolérable : le pays est
aux mains des Arabes et nous avons vu le hafside Abou-l’Abbas
chercher à réagir contre leur puissance en rendant à une vieille tribu
berbère, celle des Merendjiça (Ifrene), son territoire et ses franchises.
Efforts tardifs et que les successeurs de ce prince ne continueront
pas. Le mal va empirer encore et la situation deviendra
telle que les Arabes de la Tunisie seront mis hors la loi par leurs
coreligionnaires. Ibn-Khaldoun, parlant de la fraction des Oulad
Hamza-ben-Abou-l’Leïl (Bellil), dit : «qu’elle tenait en son pouvoir
la majeure partie de l’Ifrikiya et que le sultan ne possédait
qu’une faible partie de son propre empire….». «Les cultivateurs et
les commerçants, ajoute-t-il, victimes de l’oppression des Arabes,
____________________
1. Ibn-Khaldoun, Berbères, t. III, p. 114 et suiv.

ne cessaient d’invoquer Dieu afi n d’échapper au malheur qui les
accablait(1)».
Ces Oulad-Bellil dominaient, ainsi que nous venons de le
dire, à Tunis et dans les régions voisines. Derrière eux étaient
d’autres Soléïmides, les Oulad-Saïd, qui n’allaient pas tarder, par
leurs excès, à appeler sur eux les malédictions des auteurs musulmans
et à se faire mettre en interdit. El-Nâdj proclamera que c’est
un crime de leur vendre des armes et El-Berzali affi rmera que ces
Arabes doivent être traités comme des ennemis de la religion(2).
A Constantine, ce sont les Daouaouïda qui, du Zab, exercent
leur domination. Une de leurs fractions, celle des Oulad-Saoula(3),
va particulièrement tenir cette ville sous son joug jusqu’à l’établissement
de la domination turque.
Bougie subit la prépondérance d’autres fractions des
Daouaouïda du Hodna.
A Alger, commandent les Thaâleba, qui ont expulsé ou arabisé
les populations berbères de la Mitidja.
Enfi n, Tlemcen est, tour à tour, soumise à l’infl uence des
Amer, des Soueïd ou des Makiliens (Douï-Obeid-Allah et Douï-
Mansour).
Dans le Mag’reb extrême, les Arabes n’ont pu, noyés qu’ils
sont au milieu d’une population berbère compacte, acquérir la
moindre prépondérance.

TRANSFORMATION DES TRIBUS BERBÈRES ARABISÉES
PAR LE CONTACT. INFLUENCE DES MARABOUTS
DE L’OUEST.

— Dans les plaines où les Arabes se sont trouvés
en contact avec les Berbères, ceux-ci se sont assimilé les moeurs,
les usages, la langue même de leurs hôtes, et bientôt ces vieilles
tribus indigènes, rompues et disjointes, ont fait cause commune
avec les envahisseurs et oublié, renié même leur origine. Ces faits
sont encore constatés par Ibn-Khaldoun en maints endroits de son
ouvrage. «Une fraction des Oulhaça (Nefzaoua), dit-il, habite la
plaine de Bône. Elle a des chevaux pour montures, ayant adopté,
non seulement le langage et l’habillement des Arabes, mais encore
tous leurs usages(4)». Ailleurs, à propos des Houara, il est encore
plus précis : «Il se trouve des Houara sur les plateaux depuis
Tébessa jusqu à Badja.
____________________
1. Ibn-Khaldoun, Berbères, t. III, p. 83.
2. El-Kaïrouani, p. 264, 386 et autres.
3. Féraud, les Harar. Revue africaine, n° 104, p. 140.
4. Hist. des Berbères, t. I, p. 230.

Ils y vivent en nomades et sont comptés au nombre des
Arabes pasteurs de la tribu des Soleïm, auquels, du reste, ils se
sont assimilés par leur le langage et l’habillement, de même que
par l’habitude de vivre sous la tente. Comme eux, aussi, ils se servent
de chevaux pour montures, ils élèvent des chameaux, ils se
livrent à la guerre et ils font régulièrement la station du Tel dans
l’été et celle du désert dans l’hiver. Ils ont oublié leur dialecte berbère
pour apprendre la langue plus élégante des Arabes et à peine
comprennent-ils une parole de leur ancien, langage(1).»
Cette transformation remarquable, si bien caractérisée par
Ibn-Khaldoun, a donné aux peuplades habitant les plaines et les vallées
dans la Tunisie et le Mag’reb central, la physionomie qu’elles
ont maintenant. Les tribus arabes pures se sont maintenues dans
la Tripolitaine et sur la ligne des hauts plateaux et du désert, où
elles nous sont représentées maintenant par les Mekhadma, O. Naïl,
Sahari, Akkerma, Hameyane, et beaucoup d’autres. Quant à celles
qui ont pénétré dans le Tel, elles se sont fondues au milieu des
populations aborigènes, mais, en outre de leurs noms qui sont restés
comme des témoins, elles ont arabisé leurs voisines par le contact.
Celles-ci ont pris alors d’autres noms et c’est sous ces vocables que
nous les trouvons de nos jours. Citons notamment dans la province
de Constantine les Nemamcha, Henanecha, Harakta, trois tribus
formées des Houara et qui dominent sur les plateaux entre Tebessa,
Constantine et Badja. C’est d’elles que parle ci-dessus Ibn-Khaldoun.
Elles ont au nord des Arabes Mirdas (Soleïm) et, à l’ouest,
des Garfa et Dreïd (Athbedj), mais complètement fondus et dispersés,
tandis que l’élément autochtone rénové reprend la prépondérance.
Citons encore les Oulad-Abd-en-Nour entre Constantine et
Sétif, formés en grande partie des Sedouikch (Ketama).
Dans la province d’Oran, les tribus arabes ont pénétré à une
époque plus récente et se sont maintenues plus intactes en présence
des populations berbères qui ont subi leur action, mais sans trouver
en elles-mêmes la force nécessaire pour renaître sous une nouvelle
forme comme dans le pays de Constantine.
Simultanément avec ces mouvements, nous devons signaler
l’arrivée de marabouts, venus en général de l’Ouest, du pays de
Saguiet-el-Hamra, dans la province de Derâa (Mag’reb). Tolérés
par les populations chez lesquelles ils venaient s’établir sous le couvert
de leur caractère religieux ; ils ont, en maints endroits, réuni
des tronçons épars, d’origine diverse, et en ont formé des tribus
____________________
1. Hist. des Berbères, t. I, p. 278.

L’AFRIQUE DU NORD À LA FIN DU XIVe SIÈCLE

qui ont pris leurs noms. Les Koubba (tombeaux en forme de dôme)
de ces marabouts se trouvent répandues dans tout le nord de l’Afrique
et perpétuent le souvenir de leur action, qui a dû s’exercer surtout
du XIVe au XVIIIe siècle.

RELATIONS COMMERCIALES DES PUISSANCES
CHRÉTIENNES EN AFRIQUE PENDANT LE XIVe SIÈCLE.

—La fi n du XIIIe siècle marque le commencement de la décadence
des bonnes relations des puissances chrétiennes de la Méditerranée
avec les Musulmans d’Afrique. Les luttes incessantes entre les
princes berbères qui occupent tout le siècle suivant, l’anarchie qui
en résulte, la diminution d’autorité dans les villes éloignées telles
que Tripoli, Bougie, etc., souvent objets de contestations entre les
dynasties, sont autant de causes déterminantes de ce fait. L’Italie et
les îles sont dans une situation presque analogue : la grande lutte
entre Guelfes et Gibelins arme les uns contre les autres les marins
ne luttant autrefois que sur le terrain commercial. L’occupation de
Djerba, le sac de Tripoli, acte de piraterie inqualifi able, l’attaque
d’El-Mehdïa et les représailles exercées par les princes hafsides,
furent des motifs graves de trouble dans les relations internationales.
La course que, par de persistants effforts réciproques, on cherchait
depuis si longtemps à abolir, s’autorisait de ces exemples pour
se relever au moyen de l’initiative particulière et au mépris des traités.
Les captifs chrétiens devinrent très nombreux en Afrique.
Cependant les relations furent encore très suivies et, divers
traités intervinrent dans le cours du XIVe siècle. Pise et Gènes sont
toujours à la tête du commerce, surtout en Ifrikiya ; et cependant
leur étoile commence â pâlir. Venise se prépare à leur faire une rude
concurrence et Florence, sans marine et sans ports, tributaire des
Pisans dont elle doit employer l’intermédiaire onéreux, va bientôt
entrer en lice et prendre une place prépondérante.
Pise obtient le renouvellement de ses traités avec les Hafsides,
en 1313, 1353 et 1366, et par conséquent le maintien de
ses fondouks à Tunis, Bône, Gabès, Sfaks, Tripoli, Bougie, Djidjeli,
Collo. En 1358, cette république signe un nouveau traité avec
Abou-Eïnane, souverain merinide, pour le Mag’reb. Après l’affaire
d’El-Mehdïa, Gênes et Venise renouvellent leurs traités avec les
Hafsides (1391, 1392). Pise les imite en 1397.
Mais c’est surtout l’Aragon qui, en sa qualité d’héritier des
rois de Sicile, prétend exercer une sorte de protectorat sur l’Ifrikiya.
Les traités de 1309 et 1314 avec Bougie, et de 1333 avec Tunis,
stipulent, l’obligation, pour la gouvernement hafside, de payer. le
tribut, et afi n de permettre à l’Aragon de rentrer dans l’arriéré, le

khalife lui cède (par le traité de 1323) la moitié des droits à percevoir
à la douane de Tunis. Le roi chrétien, de son côté, devait fournir
au sultan hafside des soldats et des galères pour ses guerres, en
tant qu’elles ne seraient pas faites contre des puissances chrétiennes.
Le royaume de Majorque, comprenant la principauté de Montpellier,
traitait de son côté, en 1313, avec Tunis et, en 1339, avec
les Merinides, pour assurer les bons rapports commerciaux et la
répression de la course. Les affaires des Provençaux s’étendaient.
Voici quelles étaient au XIVe siècle les branches du commerce
extérieur de la Berbérie :
Importations
Faucons et autres oiseaux de chasse.
Bois ouvrés, lances, ustensiles de boissellerie.
Cuivre, étain, fer, acier.
Or, argent, bijoux.
Armes, cottes de mailles, cuirasses, casques, etc.
Quincaillerie, mercerie, verroterie, papiers.
Laques, vernis, mastics, teintures.
Tissus et draps de Bourgogne, Languedoc, Florence, Angleterre
; soies et velours. Céréales. Épices, parfums, drogues, vins.
Navires et accessoires.
Exportations :
Esclaves musulmans, dont Gênes était le principal marché.
Chevaux. Poissons salés.
Cuirs et peaux de toute nature.
Écorce à tan : substances tinctoriales.
Sel, sucre, cire, miel.
Huiles d’olive. Céréales.
Fruits secs.
Étoffes, tapis.
Laine, coton.
Sparterie.
Métaux, armes.
Coraux, Épiceries(1).
____________________
1. Rapprocher ce détail de celui du chapitre VIII du Ier volume (p. 101)
donnant les exportations à l’époque romaine.
L’administration de la douane était un des principaux rouages
des gouvernements berbères, Des princes dit Sang étaient souvent
placés à sa tête et, en avaient la direction, qui comportait des attributions
judiciaires et administratives. Il fallait pour maintenir les
droits de l’état, sans opprimer les pratiquants, et, pour régler toutes
les diffi cultés survenant entre les sujets musulmans et les différentes
nations, ou entre les nations entre elles, autant d’expérience que
de prudence(1).

ORGANISATION DE LA COURSE DANS LES VILLES
BARBARESQUES.

- Les empires berbères sont affaiblis par leurs
rivalités et, leurs luttes intestines. Leurs princes, dégoûtés de toute
action de l’intérieur, par l’indiscipline et les exigences des Arabes,
forcés d’être toujours sur leurs gardes pour résister aux conspirations
dont ils sont entourés, renoncent à exercer une action sérieuse
sur les régions intérieures. Les villes, autres que les capitales,
vivent à peu près indépendantes sous la direction de conseils, analogues
à nos assemblées municipales. Toutes les cités maritimes
s’adonnent spécialement à la coure sur mer et contre le littoral des
pays chrétiens.
Ibn-Khaldoun nous raconte comment, dans ces localités,
une société de corsaires s’organise et, «ayant choisi des hommes
d’une bravoure éprouvée», va ravager les rivages chrétiens de la
Méditerranée, «De cette manière, - ajoute-t-il, - Bougie et les
autres ports Se remplissent de captifs ; les rues de ces villes retentissent
du bruit de leurs chaînes et surtout quand ces malheureux,
chargés de fers et de carcans, se répandent de tous les côtés pour
travailler à leur Lâche journalière…. On fi xe le prix de leur rachat
à un taux si élevé, qu’il leur est, la plupart du temps, impossible
de l’acquitter(2)».
Ainsi, toutes les précautions prises par les puissances maritimes
chrétiennes ou musulmanes de la Méditerranée, pour empêcher
cette pluie séculaire de la course, devenaient lettres mortes.
Cette pratique reprise d’abord, en Berbérie, par les villes, ou des
associations de particuliers, ne lardera pas à devenir une institution
quasi-gouvernementale. Nous verrons quels abus en résulteront,
quelles complications incessantes cet état ferait naître jusqu’à
ce que la noble initiative de la France vienne y mettre fi n.
____________________
1. De Mas-Latrie, Traités de paix, etc., p. 209 et suiv. de l’intr., 1 et
suiv. des documents. Élie de la Primaudaie, Villes maritimes du Maroc (Revue
africaine, n° 92 et suiv.)
2. Ibn-Khaldoun, Berbères, t. III, p. 117.

Mais ce serait, une grave erreur de croire que les musulmans
d’Afrique dussent porter seuls la responsabilité en cette affaire.
Les chrétiens leur donnèrent sous ce rapport de funestes exemples,
particulièrement dans le cours du XIV° siècle. Sans rappeler cette
lamentable entreprise, le sac de Tripoli par Philippe Doria, il faut
dire que les pirates chrétiens établis surtout en Sardaigne, en Sicile,
en Corse, à Malte, ne cessaient de courir sus aux vaisseaux africains
et de faire des incursions sur les côtes. Lorsque les fl ottes
de France, de Venise, de Florence, reprirent la prépondérance dans
la Méditerranée, elles mirent fi n à ces abus; mais l’impulsion était
donnée, et, tandis que, dans le XV° siècle, la piraterie chrétienne
diminuait ou cessait, elle augmentait et s’organisait en Afrique,
favorisée par l’affaiblissement des empires berbères.

ETHNOGRAPHIE DE CHAQUE PROVINCE

Il importe de préciser maintenant la situation de chaque province,
au point de vue ethnographique.
Barka et Tripolitaine

BERBÈRES. - Les Houara et Louata(l) ont été rejetés dans le
Sud, où les premiers sont désignés, de nos jours, sous le nom de
Hoggar (Touareg).
Les montagnes situées au sud et à l’ouest de Tripoli sont
encore habitées par les Nefouça, Demmer, Zouar’a et autres, qui
ont conservé, en général, la pratique de l’hérésie kharedjite, de
même que les gens de l’île de Djerba.

ARABES: La tribu de Soleïm(2) est, en partie, établie dans
cette région.
Les Heïb (Chemakh et Lebib), sont dans la province de
Barka; les Salem, entre Lebida et Mesrata.
Les Rouaha et Fezara, au milieu des Heïb.
Les Azza (Chemal-el-Mehareb), dans le pays de Barka, à
l’est des Heïb, avec les Korra.
Les Debbab (O. Ahmed, Beni Yezid, Sobha, Djouari, M’hammed),
aux environs de Tripoli. et, de là, jusqu’à Gabès.
____________________
1. Voir les tableaux du chapitre I de la IIe- partie pour les subdivisions.
2. Voir les tableaux du chapitre I de la IIIe partie pour les subdivisions.

Enfi n, les Slimane et Nacera, dans les déserts tripolitains,
jusqu’au Fezzane.

Tunisie
BERBÈRES. - Les Berbères de la Tunisie sont retirés dans
les villes du Djerid et du littoral et dans les montagnes. Ce sont les
restes des Nefzaoua, Houara, Louata, Ifrene, etc.
ARABES. - Tout le pays ouvert est entre les mains des
Arabes, particulièrement ceux de la tribu de Soléïm:
Les Mohelhel occupent la région méridionale.
Les Kaoub, Oulad-Ali et Oulad-Bellil, sont dans la plaine de
Kaïrouan et s’avancent jusqu’à la frontière occidentale.
Les Beni-Ali, entre El-Djem et Mebarka, près de Gabès.
Les Mirdas, sur les plateaux, et auprès d’eux, les Troud.
En résumé, les subdivisions de la tribu d’Aouf s’étendent de
Gabès à Bône.
Province de Constantine

BERBÈRES. - La race berbère est fortement établie dans
cette province :
Les Zenètes (Badine, etc.) occupent le massif de l’Aourès et
les oasis.
Les Ketama tiennent toutes les montagnes, de Constantine à
Bougie.
Sur les plateaux de l’Est, s’étendent les nouvelles tribus berbères
arabisées, dont nous avons parlé : Henanecha, Nemamcha
(ou Lemamcha), Harakta, formées des Nefzaoua et Houara, et, à
l’ouest, les Abd-en-Nour, formés des Sedouikch (Ketama).

ARABES. - Aux environs de Bône et sur les plateau, arrivent
les tribus soléïmides, fractions des Aouf, venant de la Tunisie.
Les Dreïd et les Garfa (des Athbedj) se sont établis sur les
versants de l’Aourès et dans les vallées, jusqu’aux environs de
Constantine.
Les Dahhak et les Eïad (moins les Mehaïa), occupent quelques
oasis du Zab et les plaines au nord de Mecila; ils s’avancent à
l’ouest, jusque vers le pays de Hamza.
Les Latif, diminués de ce qui a été transporté dans le Mag’reb
par l’Almohade El-Mansour, occupent une partie du Zab, où ils
ont accaparé plusieurs oasis (Badis, Doucène, Raribou, Tennouna,
etc.).
Les Amour s’étendent, sur les hauts-plateaux, depuis le
Hod’na jusqu’au Djebel-Amour.
Les Daouaouïda (des Riab) occupent la Zab et le Hod’na,
principalement les environs de Biskra, Negaous, Tolga et Mecila.
Ils exercent leur suzeraineté sur Constantine et sur Bougie.
Le reste de la tribu : Ali, Amer, Meslem, Saïd, s’étend dans les
régions sahariennes, au midi de l’Ouad-Rir (1).
Mag’reb central

BERBÈRES. - La race berbère occupe toutes les montagnes
de la région moyenne et du littoral de cette province.
Les Zouaoua sont intacts dans le Djerdjera (Grande-Kabylie).
Les Sanhadja, un peu disjoints par les Arabes, sont au sud et
à l’ouest des précédents, jusqu’à la Mitidja.
Les montagnes des environs de Miliana et de Tenès, jusqu’à
l’embouchure du Chélif, sont habitées par les restes des Mag’raoua
(Beni-bou-Saïd, etc.), et par une partie des Toudjine qui ont franchi
le Chélif (Madoun, Kadi, Tig’rine, etc.).
Le reste de la tribu des Toudjine est dans l’Ouarensenis
et dans les plateaux environnants, où il rencontre les débris des
Louata, Houara, Fatene, etc., qui occupaient autrefois ces régions.
Au nord de Tlemcen, se trouve le groupe principal des Beni-
Fatene.
A Tlemcen sont les Abd-el-Ouad, profondément modifi és par
leur haute fortune.
Dans le Sahara se trouve le reste des Ouacine: Mezab,
Rached, et des Mag’raoua: L’ar’ouate, Zendak, Rir’a, Sindjas, etc.,
qui occupent la vallée de l’Ouad-Rir’, les oasis, au sud du Djebel-
Amour et la Chebka du Mezab.
ARABES. - Les Thaâleba (Makil) règnent en maîtres dans la
Mitidja et dominent à Alger.
Les Aïad et les Dahhak ont pénétré, ainsi que nous l’avons
dit, jusqu’à la limite du Hamza(1) et les Daouaouïda s’avancent
jusque derrière le mont Dira.
Mais les fractions de la tribu de Zor’ba sont particulièrement
répandues dans cette province :
Les Yezid (moins les Hameïane) occupent les plaines du
Hamza et s avancent par les vallées, jusque vers la Mitidja, en
refoulant, à droite et à gauche, les Sanhadja.
____________________
1. Au nord-est d’Aumale.


Les Hoseïne sont à l’ouest des précédents, sur les plateaux et
aux environs de la montagne de Titeri, près de Medéa.
Les Attaf, dans la plaine, à l’ouest de Miliana.
Les Soueïd, dans le Seressou, s’étendant de là jusqu’au
Chélif, dans les plaines de Mindas, Mina et Sirate.
Les Malek, aux environs d’Oran.
Les Dïalem, au midi du Ouarensenis, près de, Saneg, à l’est
du Chélif.
Les Oroua, dans les contrées sahariennes, au sud et, à l’est du
Djebel-Amour.
Les Amer, partie au sud d’Oran, et partie au sud de Tlemcen.
Les Doui-Obeïd-Allah, des Makil, occupent les vallées à
l’ouest de Tlemcen, jusqu’au Za et à la Moulouïa. Ils ont été placés
dans ces régions pur Abou-Hammou II.
Dans les hauts-plateaux, au sud de Tlemcen, sont établis les
Mehaïa (Athbedj) et les Hameïane (Zor’ba), qui y ont été transportés
par Yar’moracen.

Mag’reg extrême
BERBÈRES. - La race berbère y règne en maîtresse, s’étant
à peine laissé entamer, dans le sud, par les Arabes.
Les Miknaça ont à peu près disparu et ont été remplacés, en
partie, par les Beni-Merine.
Les Mag’raoua et Ifrene ont également disparu sans laisser
de traces apparentes, de même que les Berg’ouata.
Les autres peuplades indigènes sont demeurées intactes, dans
leurs régions(1).

ARABES. - Dans le Hebet, se trouvent les restes des Riah
transportés par le khalife almohade El-Mansour. Ils ont été entièrement
absorbés par les populations berbères.
Quelques Lâtif sont, avec les Djochem, dans le Tamesna, où
ils ont été également transportés par El-Mansour. Ils ont multiplié,
tout en conservant leur nationalité et arabisé leurs voisins par le
contact.
Les Doui Mansour (Makil) sont dans les contrées sahariennes
depuis le cours supérieur de la Moulouïa, jusqu’au Derâa.
Enfi n les Beni-Mokhtar, formant le reste des Makil, occupent
le Sous, les Douï-Hassane, vers le littoral, et les Chebanate et
Rokaïtate, vers l’intérieur.
____________________
1. Voir ci-devant, p. 4, et Ier, p. 189.

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Jeudi 3 novembre 4 03 /11 /Nov 00:00

Akli Kebaili, écrivain et docteur en sciences politiques, à Liberté
“Un peuple qui n’utilise pas sa langue est condamné à rester dominé par d’autres peuples”

M. Akli Kebaïli, connu sous le nom d’Akli Azwawi, est écrivain et politologue. Il nous parle de sa passion pour l’écriture et de ses combats.

Liberté : Comment est née cette passion d’écrire en berbère ?

Akli Kebaïli : Depuis que j’ai quitté ma famille pour rentrer à l’internat à l’âge de 13 ans, j’ai éprouvé la nécessité de communiquer avec ma mère en kabyle. Donc, j’ai commencé à écrire mes lettres en kabyle. Et pour manifester publiquement ce besoin, j’écrivais les adresses aussi en kabyle. La réaction des agents de la poste et des villageois a été, à l’époque, souvent “moqueuse”. L’adresse en kabyle ? La lettre en kabyle ? Peut-on écrire cette langue ? Et, depuis mon arrivée en Allemagne en 1979, j’essaie d’expliquer aux Allemands notre revendication légitime pour la reconnaissance de nos langue et culture et les premières questions des Allemands et d’autres étrangers sont souvent : Avez-vous une écriture ?

Quelle est la différence entre la langue arabe et la langue kabyle (berbère) ? Ces gens, que nous essayons de gagner pour notre cause, ne peuvent nous comprendre s’ils constatent que notre langue de communication et de travail n’est pas notre langue maternelle. Mon intention est, bien sûr, aussi de contribuer au développement de la littérature kabyle et de communiquer avec la population malgré mon absence physique en Kabylie.

Avez-vous des difficultés à écrire en kabyle ?

Nous avons toute une série de problèmes pour y parvenir. Je compare quelqu’un qui écrit en kabyle ou en tamazight comme quelqu’un qui se balade dans un pays étranger sans connaître l’issue de son chemin. On se pose toujours la question de savoir si les écrits seront lus ou pas par quelqu’un ! Les auteurs d’expression kabyle, non seulement sont bloqués par le manque de moyens, mais le contenu de leurs écrits est moins considéré que les œuvres écrites en d’autres langues.

Il est, souvent, difficile d’évaluer le contenu des ouvrages par manque d’intérêt et d’experts dans ce domaine. Je ne connais aucune institution, société ou personne qui subventionne la publication de la littérature kabyle.

Cette littérature ne trouve pas d’acheteurs. Par conséquent, les auteurs d’expression kabyle ou tamazight sont découragés. La majorité de nos Kabyles n’achète pas de livres en kabyle et ne s’intéresse pas à cette langue. Gagner de l’argent est, bien sûr, nécessaire et légitime. Mais gagner de l’argent et perdre son identité et sa langue maternelle sont loin d’être positifs. Cela va être, à long terme, de plus en plus évident. Il sera alors trop tard pour regretter. Les auteurs qui publient dans leur langue maternelle se ruinent puisqu’ils sont obligés de payer les frais de leurs publications.

Beaucoup d’intellectuels kabyles préfèrent s’exprimer dans d’autres langues, notamment en français, pourquoi ?

Notre problème est que ces intellectuels qui sont en mesure d’utiliser la langue qu’ils revendiquent ne le font pas. Je me demande aussi pourquoi nos intellectuels ne donnent pas à leur langue maternelle la place qu’elle mérite ! Certains d’entre eux ont même produit des textes en Kabyle, mais on les voit maintenant faire marche arrière. À mon avis, il y a beaucoup de raisons à cette situation, entre autres, les problèmes que je viens de citer, c’est-à-dire le manque d’intérêt de nos concitoyens à la littérature kabyle ainsi que le manque de soutien de l’état à cette littérature. Il y a aussi une sorte de complexe. Beaucoup de nos intellectuels préfèrent s’exprimer dans des langues étrangères, cela leur donne à leurs yeux plus d’importance et de valeur. Le but de l’utilisation de ces langues étrangères est souvent celui de se distinguer des citoyens simples, c’est-à-dire de la masse.

Et il y a, bien sûr, l’influence de ces langues étrangères sur la population pour une longue durée. Ce qui leur facilite de s’exprimer dans ces langues plutôt que dans leur langue maternelle c’est un manque d’éducation scolaire et d’utilisation de notre langue dans les établissements publics. Beaucoup de nos intellectuels utilisent leur langue maternelle plutôt dans leur vie quotidienne. À mon avis, on a vraiment tort de traiter sa langue maternelle d’une façon pareille, car elle est capable comme toutes les autres langues d’être la langue de travail dans tous les domaines de la vie, y compris les domaines scientifiques.

Auteur de deux romans, quel bilan en faites-vous ?

L’écho est assez timide. Il y a aussi le problème de la divulgation. Mes petits livres en kabyle sont publiés en France chez l’Harmattan et malheureusement pas en Kabylie ou en Algérie.

Imetti n Bab Idurar (Les aventures de Bab Idurar) a été intégralement rédigé en kabyle contrairement à votre deuxième roman l’kuraj n Tyazit (La brave poule) écrit en langue française et kabyle, Pourquoi ce changement ?

Premièrement, parce que nous n’avons pas de maison d’édition spécialisée dans la littérature kabyle. Et publier en France, seulement en langue kabyle, coûte très cher car les maisons d’édition préfèrent les langues qu’elles maîtrisent et qui se commercialisent.

Deuxièmement, la production bilingue est aussi destinée aux enfants des émigrés qui ne maîtrisent pas la lecture en kabyle et même aux résidants de Kabylie qui hésitent à lire dans leur langue. La deuxième langue peut aider à mieux comprendre le texte en kabyle. Mais la publication bilingue a aussi ses problèmes. Moi, personnellement, je préfère écrire uniquement en kabyle littérairement parlant. je me sens très bien dans cette langue et j’ai toujours l’espoir de traduire un jour ces textes dans d’autres langues.

Avez-vous un père spirituel ?

Non !

Avez-vous des projets pour l’avenir ?

J’ai beaucoup de projets mais le problème est toujours lié à la réalisation. J’ai déjà deux livres qui sont prêts à la publication. Et, faut-il le dire, sans l’aide de mon ami Kamal Naït-Zerrad, je ne serais pas en mesure de publier mes textes en kabyle.

Kamal, qui est professeur à l’Inalco de Paris, dirige une collection chez l’Harmattan qui s’appelle Tira (langue, littérature et civilisation berbères). C’est lui qui fait les démarches auprès de l’Harmattan afin de pouvoir publier mes textes. Sans lui, je suis complètement impuissant quant à l’activité de publication en kabyle. En Kabylie ou en Algérie, je n’ai pas trouvé des maisons d’édition qui pourraient s’intéresser à mes textes. Même les auteurs résidents en Kabylie comme Salem Zenia et les autres produisent en France. D’ailleurs, je salue à cette occasion tous les auteurs d’expression kabyle pour leur courage d’écrire dans cette langue.

Quel est votre point de vue sur le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ?

Bien que je ne sois pas très bien placé pour répondre à cette question, puisque je vis à l’étranger et donc je ne vis pas la réalité quotidienne en Algérie, j’ai quand même un point de vue là-dessus puisque je suis moi-même concerné par la situation sécuritaire en Kabylie, en particulier, et en Algérie, en général. Le pays a besoin de sécurité et de paix ; c’est ce que tout le monde souhaite. je suppose. Mais la résiliation des actes de violence contre les populations ne peut être mise en œuvre exclusivement à travers un référendum. L’assurance de la sécurité des citoyens est toujours l’affaire des gouvernements. Ce qui est le cas dans le monde entier. Ce n’est pas parce que la population confirmera le projet de réconciliation que les groupes armés déposeront leurs armes. Si le but de ce référendum est d’assurer la paix, je ne vois pas pourquoi s’y opposer. La question reste de savoir à quel prix et quel est l’enjeu politique d’un tel projet ?

Je préfère ne pas donner de réponses superficielles. Mais il ne faut pas oublier, dans toutes ces discussions, les victimes du terrorisme, celles du Printemps noir et les disparus. Il faut aider toutes ces victimes ou leurs ayants droit à assumer psychologiquement leurs douleurs dues à la perte de leurs proches sans oublier de leur octroyer une aide matérielle.

Comment pouvez-vous décrire l’avenir de l’amazighité et de la Kabylie à travers ce projet de réconciliation ?

La paix et la sécurité sont, bien sûr, indispensables pour le développement économique et culturel d’un pays. Et quand on a faim on ne peut pas s’intéresser à la culture. Mais, je ne vois pas la relation directe entre ce projet de réconciliation et la revendication amazighe.

Le conseil scientifique de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou vient d’attribuer le titre de doctorat honoris causa à l’ex-président Ahmed Ben Bella, que pensez-vous de ce geste généreux ?

Cette nouvelle ne m’a pas choqué personnellement, à l’opposé de beaucoup de mes amis, puisque l’université de Tizi Ouzou n’est pas vraiment autonome. Je ne connais pas non plus les raisons qui ont motivé les responsables de cette université à attribuer ce prix à M. Ben Bella. Une chose est certaine, Ben Bella a fait beaucoup de mal à notre région et à notre culture kabyle. A-t-il corrigé ces graves fautes historiques vis-à-vis de notre culture ? Quelle a été sa contribution au développement scientifique ou culturel de notre société ? Mais il est aussi important de se demander quelle place a la culture kabyle à l’université de Tizi Ouzou ?

Quelle conclusion faites-vous de cet ensemble de combats ?

Depuis le Printemps amazigh en 1980, notre travail pour la reconnaissance de notre culture kabyle a donné quelques fruits. Les gouvernements algériens depuis 1962 ont décidé de faire disparaître notre culture et notre langue par tous les moyens.C’est grâce à beaucoup d’hommes et de femmes engagés et qui ont risqué leur vie que nous sommes arrivés aujourd’hui à cette situation. Mais cette “tolérance” de la part du régime algérien envers la culture kabyle et amazighe en général pourrait être très dangereuse pour le développement de notre culture et en particulier de notre langue. Je proposerai de faire du 20 avril et du Printemps noir des journées et des semaines d’apprentissage de la langue kabyle.

Un programme spécial doit être réalisé pour nos enfants. On pourrait organiser des cours de langue dans tous les sièges des associations et pourquoi pas dans les écoles, une façon symbolique pour manifester l’importance de cet événement publiquement. Après ce programme, on pourrait passer aux autres activités comme les manifestations et les festivités culturelles, ... Il faut absolument passer du stade de la langue orale à celui de la langue écrite, sinon nous n’aurons aucune chance de la protéger dans une époque de communication électronique et de globalisation mondiale.

Propos recueillis par ALI AÏT MOUHOUB

Source : Liberté 08 10 2005

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